Réversibilité, 2/3
J'étais en pleurs. Je sens la main d'Aurélie sur la mienne. C'est vrai que c'est peu de choses mais ça fais tellement de bien. Elle me dis d'arrêter de pleurer, elle me dis que ce n'est pas grave et que tout va s'arranger. Combien de temps ai-je pu me lamenter ? Je n'en sais rien mais la perception de la durée change tellement vite quelquefois.
C'est comme si tout s'écroulait autour de moi, tout ce que j'ai fais jusqu'à présent était réduit à néant. Je savais que ça allait être long mais ce qui me tracassait le plus c'était que je ne pouvais plus le voir. J'en avais peur, tout simplement. C'était stupide mais je pensais que j'aurais pu le gêner si je continuais de le voir, je ne pensais qu'à lui, je revoyais constament ses yeux à chaque fois que je posais le regard quelque part. Cet état d'esprit est une vraie torture que l'on s'impose soi-même parce qu'on ne peut pas faire autrement.
- Ecoute, tu te fixe trop sur lui, tu ne pense qu'à ça, et je ne veux pas que tu devienne cette sorte d'épave que j'ai été quand mon mec à rompu avec moi. Tu ne dois pas t'en faire tu sais, et puis vous vous voyez toujours, non ?
Il m'a fallu un petit moment pour ravaler mes larmes et être capable de lui répondre.
- Oui, mais j'ai peur que si je continue de le fréquenter, ça nous gêne tous les deux, lui et sa copine, Caroline. Tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, mais ne t'inquiète pas. Il tiens vraiment à te revoir, tu sais. Et puis fais-moi un peu plaisir, pense à toi, maintenant. Tu as toujours été préoccupée par les autres et tu ne fais pas attention à toi. Alors maintenant, tu t'occupes un peu de ta vie, d'accord ?
J'avais envie de lui dire oui. Et puis, Aurélie avait toujours été celle sur qui on pouvait compter, elle était toujours là pour moi, je l'admirais pour l'aide qu'elle me donnait. Alors je me décidais à faire ce qu'elle me demanda de faire, un peu pour moi, et un peu pour elle.
- Oui, d'accord, lui disais-je alors que j'étais en train de passer ma main sur mes joues pour essuyer mes larmes.
Je ne savais vraiment pas si j'aurais le courage d'aller à la fête d'anniversaire de Richard, un bon ami qui avait aussi invité Frédéric. C'était dans trois jours seulement alors je me tournais vers Aurélie et lui demanda son avis.
- Tu n'as pas besoin de moi pour décider. C'est un ami de Frédéric et aussi un des tiens, non ? Alors vas-y pour toi, et vas-y pour lui. Rien d'autre n'a d'importance.
- Mais, tu viendras toi ? S'il te plaît, j'ai besoin de toi.