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Thallys Barde


Nombre de messages: 65 Date d'inscription: 24/06/2007
 | Sujet: Longue traversée Sam 16 Fév - 3:55 | |
| Le navire avait depuis longtemps laissé derrière lui le port de Fendassë, et se dirigeait vers l'étendue terre et sa ville portuaire d'Armenelos. Thallys, fidèle à son poste sur le pont regardait les journées passer avec solitude, assit sur son tonneau à observer l'étendue bleu, celle-ci tantôt azure, tantôt noire. Il n'adressait jamais la parole à qui que ce soit, et les quelques passagers qu'il y avait, avaient abandonné toute tentative de conversation. Le cheysuli passait soit ses journées sur le pont, soit dans sa cabine, ou alors dans la calle où avait été aménagé un boxe de fortune pour Skysong. Toute autre interaction consistait seulement en quelques mots éparpillés, des phrases qui n'en étaient presque pas. Alors on avait finit par le laisser tranquille, à le laisser ruminer dans son coin. Parce que pour ruminer, il ruminait. Il passait tout son temps à confectionner des excuses toutes aussi pathétiques les unes que les autres, pour justifier la longueur de son absence à sa soeur, sans grand succès. Il aurait vraiment voulu pouvoir déballer la vérité, mais rien qu'en pensant au cours de ses derniers mais un étau enserrait sa gorge, emprisonnait les mots qui voulaient sortir comme un flot. Parfois il se demandait si se jeter par dessus bord ne serrait pas plus facile. Il y avait des jours où il restait des heures à regarder le plafond de sa cabine, à peine conscient du navire qui tanguait doucement dans un craquement continuel de bois. D'autres fois il se regardait dans le miroir et se faisait peur tout seul en regardant dans ses orbites vides de toutes émotions sauf ce regard d'animal coincé, pris au piège. Il avait fini par cacher le miroir avec un drap, trop dégoûté par sa propre faiblesse, et trop désespéré pour continuer à chercher ce qui n'était plus là.
***
Roulé sous sa couette en position fétale, le jeune cheysuli flottait dans un demi-sommeil embrumé qui le laissait en nage. Les images dans sa tête n’avaient aucun sens, mélanges de réalités et d'imaginations qui le faisait remuer sur couchette jusqu'à ce qu'il ai fait tomber ses couvertures et qu'il se réveille. Pourtant à ce moment là, ce n'était pas de son propre loisir qu'il se réveilla. Le bateau craqua de toute part, un énorme bruit de choc qui renversa le pichet sur la table et répandit argile brisée et eau sur le sol. Le jeune cheysuli sursauta et se secoua, donnant quelques coups de pieds pour se dégager de son enchevêtrement de couvertures, et se rua nus pieds dans le couloir où d'autres sortaient de leurs cabines avec des regards curieux. Thallys attrapa une lampe à huile accrochée au mur avec un clou et se dirigea vers les escaliers, montant les quelques marches pour rejoindre le pont. Pont en plaine zizanie, où tout le monde courait d'un coté ou de l'autre et où les matelot tiraient les canons en place, les attachant solidement aux énormes boucles au sol de bois et enfonçant des boulets dans les gosiers béants. Sa lampe devant lui et inquiet Thallys héla un matelot qui courrait un boulet à la main. Il se força de garder le moins d'émotion possible dans sa voix. "Qu'est ce qu'il arrive ? On est attaqués n'est ce pas ?" Le matelot ne pouvait pas être plus jeune que lui et hocha la tête frénétiquement les yeux grand ouverts comme si c'était la première fois. Quelqu'un gueula et le matelot jeta un coup d'oeil frénétique vers un de ses collègues, puis lui adressa un dernier regard avant de repartir en trottinant. Thallys jura intérieurement, et retourna en courant sous le pont, ou les autres rares passagers l'attendaient avec des regards interrogateurs. Le cheysuli ne fit pas dans la dentelle, et se fraya un chemin entre eux, empreint pour la calle. "Nous sommes attaqués." Il referma la porte sur les premiers cris paniqués d'une femme, et s'enfonça dans le noir, la lampe illuminant son chemin. Skysong passa sa tête par dessus la porte de son boxe de fortune les oreilles légèrement rabattues, comme si elle sentait la tension dans le bois du navire lui même, Thallys lui caressa le museau et attrapa son licol accroché au mur et y mit la lampe à la place. Le navire s’agita faisant un tonnerre du diable, et de la poussière glissa entre les lattes de bois. Il laissa la porte du boxe ouverte, et lui mit rapidement le licol, parlant tout le long en cheysuli pour la garder calme, puis la traîna à sa suite vers la double porte qui les ramènerait directement sur le pont. La porte s’ouvrit sous son coup de pied et Skysong se rua derrière lui. Le soleil montrait tout juste le bout de son nez, et Thallys fouilla du regard le noir, suivant le sifflement de gros plomb dans l’air pour repérer le bateau ennemi. La vue d’un drapeau noir était assez sans même en avoir vu le motif brodé dessus, ou en ayant tenté d’ignorer les passagers de cet autre bateau le plus possible. Thallys s’accrocha au licol de Skysong, la jument particulièrement nerveuse, l’odeur de la poudre à canon et le sifflement des boulets la faisant s’agiter nerveusement. Lui n’en valait pas mieux, tremblant de tous ses membres rien qu’aux bruits qui les entouraient. Ils ne valaient pas mieux que des chats pris sous un orage battant. Puis vint le choc, cheval et propriétaire se retrouvèrent balancés au sol, tandis qu’accroché au navire, des hommes grimpait à bord dans le but de tout saccager et pier.
Dernière édition par le Sam 16 Fév - 4:29, édité 1 fois |
|  | | Thallys Barde


Nombre de messages: 65 Date d'inscription: 24/06/2007
 | Sujet: Re: Longue traversée Sam 16 Fév - 4:28 | |
| "Qu'est ce qu'on a là ?"
Thallys s'accrocha au museau de Skysong qui ne s'était pas relevé, sa lourde tête reposant sur ses genoux. Il adressa un regard haineux à l'homme qui venait de parler.
"Oh mais c'est que la demoiselle n'est pas contente. Hé les gars y'en a une par là qui vaut le coup !"
Le sol semblait se dérober sous ses pieds, laissant son coeur battant dans sa gorge et Thallys secoua la tête, larmes de rage et de tristesse mélangés coulant sur ses joues pour son amie au museau duveteux. "Non," plus fort. "Non !" Il secouait la tête, s'agrippant à la crinière rêche mais si familière depuis ces dernières semaines. La jument hennissait doucement empreinte à sa propre douleur causée par sa chute.
"Crois pas qu'on va te donner le chois fillette, quand à ton quetton tu peux lui dire au revoir elle s'relèvera pô."
Thallys secouait la tête, les cheveux dans ses yeux et frappant ses joues, blâmant encore et toujours eux. Eux là haut, à qui il en voulait comme jamais auparavant. C'était injuste et intolérable, et ça faisait mal. Il se rua quand on l'attrapa, donna des coups là où il pouvait jusqu'à ce que deux hommes soient sur lui, lui tenant chaque bras et le tirent en arrière. Il hurlait, insultait, ses cris se transformant vite en implorations en voyant un fusil être dégainé. Vain, très vain, mais Thallys aurait préféré tirer la gâchette lui même dans la tête de Skysong. L'écho du tir et d'un hennissement retentit dans sa tête et Thallys se laissa traîner en arrière sans pouvoir quitter des yeux la large tête grise et le trou béant qu'elle avait maintenant à la tempe. Les discutions volèrent autour de lui et le transfert sur l'autre navire se passage dans un brouillard total, tandis qu'il fixait des choses que seul lui pouvait voir. On le balança dans la calle, avec d'autres qu'ils avaient pris. Trois jeunes filles et leur soeur aînée, qui essayait de les réconforter sans grand succès. Butin, qu'il savait allait être revendu très rapidement. Thallys jura que s'il réussissait à mettre la main sur une arme quelconque il se tirerait une balle dans la tête ou se planterait. |
|  | | Thallys Barde


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 | Sujet: Re: Longue traversée Lun 24 Mar - 20:50 | |
| Ils n’avaient vu personne depuis deux jours. Personne, sauf un des membres de l’équipage qui, tous les jours, leur passait un plateau de nourriture, un seau d’eau et un autre, vide, faisant office de latrines. Les trois jeunes femmes enfermés avec lui n’avaient que très peu parlé, la plus bavarde semblait être l’aînée des trois. Il avait apprit en quelques mots qu’elles avaient toutes trois voulus remonter dans le nord pour trouver du travail. Lui avait simplement dît qu’il retournait voir sa famille.
La porte barricadée s’ouvrit dans un grincement métallique, Thallys se ratatina dans son coin, comme les deux jeunes sœurs sur leur aînée. Le cheysuli cligna plusieurs fois dans la lumière qui semblait trop vive pour ses rétines, les couleurs se brouillèrent devenant marrons-grises et noires. Un homme entra, chapeau usé à la main, fleurant l’alcool fort et le musc. Il était si haut en stature que son crâne touchait presque le plafond. Ses habits usés, semblait voir vu des jours meilleurs, mais leur couture semblait d’une meilleur classe que celle qu’on voyait les marins porter habituellement. Thallys compris soudainement qu’il se retrouvait face au capitaine de navire. Il sursauta quand celui-ci prit parole, frissonna à son ton et le sous entendu contenu dans sa voix.
"Salut mes jolies. Bien, bien, bien. Je vois que les gars n’ont pas raté leur prise cette fois ci."
L’aîné des sœurs se leva, se mettant devant ses deux cadettes, défiante. "Allez vous faire foutre espèce de salaud !" La claque résonna comme un claquement de fouet dans la cellule.
"Oh toi ma mignonne, continue comme ça et j’te fais redresser vite fait."
La sœur tomba sur les rotules, au pieds du capitaine, se tenant la mâchoire, mais releva ses yeux pleins de rébellion vers lui. Le cœur de Thallys battait dans sa gorge, elle était complètement folle ou quoi cette fille ? Le cheysuli rampa rapidement de l’autre coté de la cellule, se ratatinant sous le regard du capitaine et attrapa l’aîné par les épaules, la tira en arrière. Chuchotant furieusement.
"Arrêtes, tu ne fait qu’envenimer les choses. Pense à tes sœurs."
"Oui, pense à tes petites sœurs. Un petit claquement de doigts et je les balance à mes hommes sur le pont. Ça ne te plait pas cette idée, hein ?"
Thallys resserra son emprise sur les épaules de l’aînée, luttant pour la tirer en arrière. Ca tournait rapidement au vinaigre, et devenait très vite dégoutant. Le cheysuli serra les dents, se força à ne pas répondre lui non plus. Il avait assez vécu les choses pour savoir que ça ne servait à rien.
"Ne réponds pas, il le ferra vraiment."
"Oui écoute la, c’est vrai. Moi ça ne me ferrait ni chaud ni froid de les balancer dehors avec mes hommes. Peut-être même que je n’ai même pas besoin d’excuses et je le ferrais directement. Ils ont des besoins eux aussi."
La fille lui échappa des mains, se jeta sur le type littéralement toutes griffes dehors. Un coup de poing cette fois, et une botte écrasée contre sa nuque pour la tenir tranquille au sol.
"Raaaaaaat !"
La porte entrebâillée grinça, et un personnage hirsute, les épaules aussi larges que le cheysuli était haut entra.
"Ouais cap’tain’ ?"
"Emmène cette poufiasse sur le pont, je veux qu’elle soit attaché à la proue du navire pendant trois jours et trois nuits. On lui apprendra à retenir sa langue me thinks." Le capitaine tourna alors son regard vers Thallys. "Quand à toi, tu viens avec moi." |
|  | | Thallys Barde


Nombre de messages: 65 Date d'inscription: 24/06/2007
 | Sujet: Re: Longue traversée Ven 4 Avr - 1:21 | |
| Il ne s’était pas débattu, ça ne servait à rien. Et puis, un basané énorme l’avait attrapé par le bras et l’avait littéralement trainé dans la cabine du capitaine. On le fit s’assoir sur une chaise, et le type se posta près de la porte, bras croisés sur la poitrine. Il resta comme on l’avait mit, il n’osait pas bouger. Ne voulait pas faire quoi que ce soit pour qu’on le frappe ou le batte. Il ne voulait tout simplement pas qu’on le touche, mais ça c’était peine perdue. Son cœur semblait vouloir jaillir hors de sa poitrine tellement il battait la chamade. Après un temps, la porte s’ouvrit. Il garda ses yeux rivés sur le dessus de la table. La porte claqua, et -il le savait- il était seul avec le capitaine. Un macabre tête à tête ou les deux partis savait ce qui allait se passer. L’un peut-être impatient à l’idée, l’autre tendu et craintif. Le tricorne fut posé sous ses yeux, cachant la trace d’une lame gravé dans le bois qu’il avait fixé jusque là. Le capitaine, lui, se posa sur le bord de la table. Thallys ne leva pas les yeux. Pas encore. "C’est drôle, mais je m’attendais à plus de rébellion…"
Sa peur et sa colère explosa, il leva ses yeux sur le capitaine qui souriait -il semblait- sereinement, content d’avoir réussi à tirer une réaction hors de la gamine. "Vous auriez voulu que je fasse quoi ? Que j’hurle et me débatte pour que vous me balanciez à vos hommes ?"
"Tss. Tu sais que tu ne devrais pas me parler comme ça, hum ?" Thallys ravala ses sentiments, baissa de nouveau les yeux sur le tricorne cette fois. "Très coy non ? Dommage que tu ne soit pas une innocente à ces choses là, ça me gâche mon plaisir." Thallys trembla, violemment. Il aurait voulu être plus fort, s’obstiner comme la fille l’avait fait, mais il n’en avait plus la force. Son esprit était à deux doigts de se briser. Le temps qu’il avait passé chez l’aubergiste n’avait fait que retarder l’échéance. Malgré lui il leva des yeux hantés, implorants. Il ne survivrait pas à un viol collectif, il le savait.
"Oh, tu crois que je vais te mettre en pâture à mes hommes ?" Le capitaine se frotta le menton, grattant sa barbe de trois jours. "C’est une idée," Thallys ferma les yeux, résigné. "Mais après ça veut dire que moi j’me retrouve comme un con. Alors non, tu vas sagement rester avec moi." Le cheysuli aurait voulu vraiment croire que ce serrait mieux de cette façon, mais ça ne l’étais pas. Il se détestait d’être aussi lâche, craintif à chaque fais et geste des autres. "Et puis de toute façon j’ai dis à mes hommes qu’ils pouvait faire ce qu’ils voulaient avec l’autre pétasse. Du moment qu’ils ne l’abiment pas. De trop. Je crois que je vais vous garder séparés toutes les quatre. La pétasse restera au pont pendant les trois jours comme je l’ai dit, ça la calmera. Les jumelles je vais les garder tel quel, les jeunes filles vierges ça vaut plus sur le marché. Et puis toi, franchement, je ne sais pas trop encore. Lève-toi."
Thallys se leva, ses yeux fixant la main rugueuse qui venait d’agripper une dague accrochée à la ceinture. Sa respiration se coinça quelque part dans sa gorge. Un bruit lui échappa lorsque la lame trancha le devant de son pull, ses yeux devenant vitreux devant le couteau artistiquement tranchant. La pointe piqua sur ses cotes et il recula, pour que le capitaine se ravance et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il soit coincé contre un mur. Yeux virtreux fixant la lame, souffle venant en petits gasp haletants de panique. "Peur des couteaux hein ? Doucement, tu hyper ventile."
Sa poitrine lui en faisait mal mais il était tétanisé par le couteau juste sous ses yeux. Même lorsque l'homme la rengaina c'était trop tard pour le sortir de son trip de folie. Avec un grognement énervé le capitaine l'attrapa par les épaules et le poussa vers son bunk. Choqué en mouvement le cheysuli se mit à se débattre. Donnant des coups là où il pouvait. Mais avec facilité il se retrouva forcé sur le ventre, bras droit remonté dans son dos, et un poids écrasant qui coinçait ses jambes. Un petit gémissement lui échappa en entendant le bruit d'un tiroir qu'on ouvrait et dans lequel on fouillait à la va vite. Le capitaine parlait comme s'il avait quelque chose dans la bouche. Une pointe piqua dans l'intérieur de son bras. "On se calme, petite. On se calme."
Il essayait de pousser avec son bras de libre, de se relever, en répétant à l’autre de la lâcher. Mais plus ça allait et plus ses mouvement devenaient mous. Tout tanguait et prenait des couleurs bulbeuses, flottait. Le sol n’était plus à sa place, ou c’était peut-être le contraire ? Les murs semblaient être déformés, ondulants comme de l’eau, coulant par endroits. Ses paupières devenaient de plus en plus lourdes, et il avait du mal à garder son esprit au dessus de la surface noire qui voulait l’engloutir. Il finit par plonger dedans tête la première. S’endormant sous l’effet de la drogue injectée dans ses veines, il avait l’impression d’avoir oublié de dire quelque chose, mais il ne savait plus quoi. |
|  | | Thallys Barde


Nombre de messages: 65 Date d'inscription: 24/06/2007
 | Sujet: Re: Longue traversée Sam 26 Avr - 2:25 | |
| Groggy. C'était l'état dans lequel il était constamment il semblait. Il flottait dans une mer d'incertitude depuis longtemps déjà, mais depuis combien de temps ?
Les images qui défilaient devant ses yeux n'avaient aucun sens, ni queue ni tête. Et il n'aurait pas su dire s'ils étaient vrai ou non, dans son état il s'en fichait complètement. Bouger était un effort incommensurable, mis le pire c'était de regrouper ses pensées dispersés. Impossible. Il avait déjà connu ça, mais les pierres colorés arc-en-ciel de ses pensées et souvenirs lui glissait entre les doigts comme les poissons dans les rivières et après, aucune pierres ne ressemblait à la première. Aucune de celles qu'il avait tenté de ramasser, de juger bon et de garder tout contre sa poitrine n'était la même que celle qui venait d'échapper à ses doigts. Comme regarder au travers la surface de l'eau d'une rivière, il voyait toutes ces pierres brillantes, miroitantes, mais inaccessibles. Son petit monde ne bouscula pas. Ou alors si, mais il ne s'en souvenais pas. Avec des tâtonnements imprécis il cherchait à savoir où il était, à trouver quelques chose de familier. Parfois il lui arrivait d'avoir des éclairs de lucidité, mais quelqu'un venait, lui disait doucement quoi faire et tout repartait dans un joyeux flot neuf et blanc nacré injecté dans ses veines. Il ne se sentait pas très bien quand il revenait tout doucement à lui. Sentiment d’angoisse, de manque, et son corps tout entier hurlait, en revoulait plus, voulait retrouver se léger bourdonnement ou il n’y avait plus que du statique blanc lumineux et où tout était facile.
C’était peut-être quelques heures, ou quelques jours, voire des semaines plus tard ou on le souleva de sur son lit de fortune. Momentanément transporté sur une épaule, la tête en bas, et les bras ballants, il eut une soudaine envie de vomir. Mais son estomac était vide, lui donnant un léger mal de tête supportable vu les nombre de drogues qu’on lui avait pompé dans les veines. Le mur de briques qui l’avait porté comme un sac de patates le tenait lâchement sous les bras, l’empêchant de s’étaler par terre tandis qu’il hoquetait sèchement, recrachant salive et bile. Une voix qu’il reconnaissait depuis ses derniers jours le ramena à lui, mais il ne savait plus trop à qui elle appartenait. -Rat ! Doucement avec ma pouliche. Son monde bascula de nouveau, mais cette fois-ci ce n’était pas aussi renversant. |
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